Breeze

 

Etude biblique au congrès 2014 de l’Association Européenne de Théologiens Évangéliques


Jacques Buchhold, Faculté Libre de Théologie Evangelique, Vaux-sur-Seine, France

3. La foi et la grâce (Mt 19.13-15 + 20.1-16)


1913 Alors des gens lui amenèrent des enfants, afin qu'il leur impose les mains et prie pour eux. Mais les disciples les rabrouèrent. 14 Alors Jésus dit : Laissez faire les enfants, ne les empêchez pas de venir à moi ; car le royaume des cieux est pour ceux qui sont comme eux. 15 Il leur imposa les mains et partit de là.

20:1 Voici en effet à quoi le règne des cieux est semblable : un maître de maison qui était sorti de bon matin embaucher des ouvriers pour sa vigne. 20:2 Il se mit d'accord avec les ouvriers pour un denier par jour et les envoya dans sa vigne. 20:3 Il sortit vers la troisième heure, en vit d'autres qui étaient sur la place sans rien faire 20:4 et leur dit : Allez dans la vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste. 20:5 Ils y allèrent. Il sortit encore vers la sixième, puis vers la neuvième heure, et il fit de même. 20:6 Vers la onzième heure il sortit encore, en trouva d'autres qui se tenaient là et leur dit : « Pourquoi êtes-vous restés ici toute la journée sans rien faire ? » 20:7 Ils lui répondirent : « C'est que personne ne nous a embauchés. – Allez dans la vigne, vous aussi », leur dit-il. 20:8 Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : « Appelle les ouvriers et paie-leur leur salaire, en allant des derniers aux premiers. » 20:9 Ceux de la onzième heure vinrent et reçurent chacun un denier. 20:10 Les premiers vinrent ensuite, pensant recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun un denier. 20:11 En le recevant, ils se mirent à maugréer contre le maître de maison 20:12 et dirent : « Ces derniers venus n'ont fait qu'une heure, et tu les traites à l'égal de nous, qui avons supporté le poids du jour et la chaleur ! » 20:13 Il répondit à l'un d'eux : « Mon ami, je ne te fais pas de tort; ne t'es-tu pas mis d'accord avec moi pour un denier ? » 20:14 Prends ce qui est à toi et va-t'en. Je veux donner à celui qui est le dernier autant qu'à toi. 20:15 Ne m'est-il pas permis de faire de mes biens ce que je veux ? Ou bien verrais-tu d'un mauvais œil que je sois bon ? » 20:16 C'est ainsi que les derniers seront premiers et les premiers derniers.


Introduction

Deux autres textes appartiennent à la section de Matthieu dont nous avons relevé les bornes lors de notre première étude : Matthieu 19.13-15, qui montre le souci de Jésus pour les enfants, et Matthieu 20.1-16, qui contient la parabole des ouvriers de la dernière heure. Je relirai toute la section qui va de 19.13 à 20.16.

Jésus et les enfants (Mt 19.13-15)

La brève péricope sur l’attitude de Jésus envers les enfants est présente dans les trois synoptiques (// Mc 10.13-16 et Lc 18.15-17). Elle y précède à chaque fois l’entretien de Jésus avec le jeune homme riche. Par ailleurs, dans Marc comme dans Matthieu, elle s’intercale entre les deux passages que nous avons médités ces jours passés.

La présence de cette péricope peut s’expliquer par de simples raisons historiques : la rencontre de Jésus et des enfants a eu lieu entre les deux entretiens que Jésus a eus avec les pharisiens puis avec l’homme riche, alors qu’il se trouvait « de l’autre côté du Jourdain » (Mt 19.2). Le texte se contenterait de nous informer que c’est à ce moment-là que des gens sont venus lui présenter des enfants pour qu’il leur impose les mains et prie pour eux.

Mais certaines données du passage suggèrent que la présence de ce texte s’explique aussi pour des raisons théologiques. Matthieu souligne que la bénédiction des enfants suit immédiatement l’entretien avec les pharisiens (« alors », tote, v. 13) et qu’elle a lieu au même endroit (« il partit de là », v. 15) ; et surtout, Jésus lui-même donne à l’événement une portée plus large. En demandant à ses disciples de laisser faire les enfants et de ne pas les empêchez de venir à lui « car le royaume des cieux est pour ceux qui sont comme eux. », Jésus lie consciemment ces paroles aux propos qu’il vient de tenir à ses disciples, au verset 12, au sujet du Royaume des cieux : « Il y en a qui se sont rendus eux-mêmes eunuques à cause du Royaume des cieux. » Jésus transforme ainsi sa rencontre avec les enfants en une parabole vivante.

On retrouve, dans les paroles du Seigneur, la métaphore de l’enfant (to paidion) à laquelle il a eu recours à plusieurs reprises. Dans Matthieu, elle est particulièrement développée en 18.1-5. L’enfant est l’image de celui qui s’humilie (v. 4), c’est-à-dire de celui qui reconnaît sa dépendance. Dans les versets qui suivent, en 18.6, 10 et 14, Jésus utilise une expression, synonyme du mot « enfant », « ces petits » (hoi mikroi houtoi), pour désigner la même réalité : ces petits sont ceux qui se confient en lui (« ces petits qui mettent leur foi en moi », v. 6), qui dépendent de Dieu (« Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient constamment le visage de mon Père qui est dans les cieux », v. 10) et qu’il garde (« De même, ce n'est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu'il se perde un seul de ces petits », v. 14). Dans Matthieu, cette expression devient un terme technique dans la bouche de Jésus pour désigner ses disciples. En effet, en plus de 18.6, 10 et 14, on trouve cette expression dans le discours missionnaire (« Quiconque donnera à boire ne serait-ce qu'une coupe d'eau fraîche à l'un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis, il ne perdra jamais sa récompense », 10.42) et, au comparatif (« ces plus petits »), dans le discours eschatologique en 25.40 et 45.

Quelques jours après notre épisode, Jésus chassera les vendeurs du Temple de Jérusalem. « Les prêtres et les scribes », est-il dit, s’indigneront parce que des enfants crieront dans la cour du Temple : « Hosanna au Fils de David ». Jésus répliquera en citant les paroles du Psaume 8.3 : « Par la bouche des tout-petits (nèpiôn) et des nourrissons (thèlazontôn) tu t’es formé une louange » (Mt 21.16). Or, dans ce psaume, les enfants et les nourrissons sont opposés aux « adversaires » de Dieu et « imposent silence à l’ennemi vindicatif » (Ps 8.3). Ce sont les tout-petits, et non les autres humains, qui rendent réellement hommage, par leur louange, au projet créationnel de Dieu pour l’homme, que rappelle le Psaume 8. Car ce projet doit se vivre dans la dépendance de Dieu et la confiance en lui, et non dans l’orgueil et l’indépendance qui caractérisent les humains. Jésus a lu ce psaume de façon prophétique, à la manière de ce que fera l’auteur de l’épître aux Hébreux. Il est, lui, le seul fils d’Adam qui a pleinement répondu au dessein créationnel de Dieu. Les tout-petits le proclament dans la cour du Temple, les orgueilleux et les hommes vindicatifs – les prêtres et les scribes – veulent les faire taire.

Ne serait-ce pas ce Psaume 8 qui a nourri la métaphore de l’enfant dans la théologie de Jésus ? En Matthieu 11.25, Jésus reprend l’opposition du Psaume 8.3 : « En ce temps-là, Jésus dit : Je te célèbre, Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces choses aux sages et aux gens intelligents, et que tu les as révélées aux tout-petits. » Et ici, à nouveau, dans notre texte, il oppose ceux qui sont comme des enfants et pour lesquels est le Royaume des cieux aux pharisiens qui lui ont tendu un piège par leur question sur la répudiation. Oui, pour se faire eunuque à cause du Royaume, il faut devenir un enfant et apprendre la dépendance de Dieu.

Mais cela est impossible aux hommes, car ils se confient dans leurs biens et ne cessent de faire des bénédictions divines des idoles. Voilà ce qu’ajoute le second entretien de Jésus avec l’homme riche, que notre péricope sur les enfants annonce dans les trois synoptiques. Mais ce qui est impossible aux hommes ne l’est pas pour Dieu, répond Jésus. Il nous faut être comme des enfants, qui ont foi en leurs parents, et Jésus nous apprend quels renoncements faire pour redevenir de tels enfants. C’est à « ces petits » qu’est réservée la bénédiction divine du Royaume : « Jésus leur imposa les mains et partit de là » (v. 15).

Les ouvriers de la dernière heure (Mt 20.1-16)

La parabole des ouvriers de la dernière heure est structurellement liée à l’entretien de Jésus avec l’homme riche. En fait, la parabole se présente comme une explication de la dernière affirmation de Jésus aux disciples lors de son entretien avec l’homme riche : « Beaucoup de premiers seront derniers et beaucoup de derniers seront premiers » (19.30). En effet, cette parabole décrit l’embauche d’ouvriers, pour travailler dans la vigne d’un maître de maison, au fil de la journée, de 8 heures du matin à 17 heures du soir ; puis on assiste au paiement du salaire des ouvriers, « en allant des derniers aux premiers » (v. 8), puis à la réaction des « premiers » (v. 10-11) lorsqu’ils constatent que les « derniers » (v. 12) reçoivent le même salaire qu’eux. Finalement, Jésus conclut la parabole en faisant explicitement le lien, en 20.16, avec la fin de son entretien avec l’homme riche : « C'est ainsi que les derniers seront premiers et les premiers derniers. » Comment nous faut-il donc interpréter ces paroles et quelle lumière apportent-elles sur l’entretien qui précède ?

Cette parabole ne se trouve que dans Matthieu, mais l’entretien avec le jeune homme riche se conclut d’une manière identique, sur les premiers et les derniers, dans Matthieu et dans Marc : « Beaucoup de premiers seront derniers, et les derniers seront premiers » (10.31). Il n’y a donc pas de raison de penser qu’il faudrait dissocier la parabole de Matthieu de l’entretien qui précède, même s’il est vrai que la formule se situe dans Luc dans un contexte différent, en 13.30, dans un passage qui annonce l’entrée des païens dans le Royaume, à la place des Juifs qui étaient les premiers appelés :

C'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac, Jacob et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et que vous serez chassés dehors. On viendra de l'est et de l'ouest, du nord et du sud pour s'installer à table dans le royaume de Dieu. Ainsi, il y a des derniers qui seront premiers et des premiers qui seront derniers. (Lc 13.28-30)

Il est des formules que Jésus, en bon professeur de théologie, a dû utiliser à différentes reprises et dans différents contextes ! Nous y reviendrons.

Il s’agit donc, pour nous, d’interpréter cette formule de l’entretien avec l’homme riche à la lumière de l’explication que Jésus en donne dans la parabole des ouvriers de la dernière heure. Je relèverai tout d’abord divers éléments de la parabole dont il me semble important de tenir compte pour, par la suite, faire le lien avec l’entretien qui précède.

Les éléments de la parabole

Nous avons affaire à une parabole et non à un traité de gestion d’entreprise. Jésus nous dresse le portrait d’un employeur aux pratiques étranges, qui défient les lois de l’économie, que ce soit celles du Ier siècle ou celles de notre temps. Cela tient, bien sûr, au fait que le maître de maison, le pater familias aux pratiques étranges, est Dieu et que Jésus ne parle pas d’économie, mais d’action divine dans l’histoire des hommes. C’est du Royaume des cieux qu’il s’agit. Une question se pose, cependant : les enseignements de cette parabole sont-ils de nature purement spirituelle ou concernent-ils une réalité plus concrète et terrienne ?

Qu’en est-il à présent de la vigne ? Représente-t-elle Israël, comme, par exemple, dans Esaïe 5 et dans la parabole des mauvais vignerons, en Matthieu 21.33-46, qui s’inspire du texte isaïen ? Ou cet élément de la parabole ne joue-t-il aucun rôle déterminant pour son interprétation ? Il servirait juste à mettre en situation l’engagement des ouvriers à différentes heures de la journée. Il faudrait que d’autres éléments du texte suggèrent un lien à Israël pour que l’identification s’impose.

Puis il y a les divers groupes d’ouvriers embauchés tôt le matin, puis vers la troisième heure, puis vers la sixième, vers la neuvième, et finalement vers la onzième. Cinq groupes différents d’ouvriers. Doit-on les distinguer et chercher à les identifier ? Ou Jésus se sert-il de ces détails pour rendre la situation plus dramatique ? C’est cette dernière façon de comprendre qui s’impose, me semble-t-il, car, comme nous l’avons vu, la parabole joue sur l’opposition des premiers et des derniers. Mais cela ne nous dit rien de l’identité de ceux qui composent ces deux groupes.

La parabole et l’entretien avec l’homme riche

Tentons donc, à présent, de discerner le sens de la parabole en tenant compte de son rôle d’explication de l’entretien qui précède. Il me semble qu’on peut relever trois interprétations principales.

Certains identifient la vigne de la parabole à Israël et rapprochent le sens de la formule « les derniers seront les premiers et les premiers les derniers » de 19.30 et 20.16 de celui qu’elle a, comme je l’ai rappelé plus haut, dans Luc 13.30 : il serait question ici aussi de l’entrée des païens dans la vigne d’Israël. Cependant, cette interprétation dissocie la parabole de l’entretien avec le jeune homme riche dans lequel il n’est pas question des nations païennes.

On doit cependant relever que Jésus annonce à ses disciples que « lors de la Nouvelle Naissance », lors de la nouvelle création, « lorsque le Fils de l'homme s'assiéra sur son trône de gloire », eux aussi, seront « assis sur douze trônes pour juger les douze tribus d'Israël » (19.28). Cette donnée du texte suggère que la vigne pourrait être Israël et non une simple vigne. Et si tel était le cas, les réalités visées par la parabole pourraient être d’une nature plus concrète que purement spirituelle.

Selon une deuxième interprétation, Jésus chercherait à souligner que Dieu n’agit pas en récompensant la consécration de ses serviteurs selon une loi de stricte rétribution. Personne ne peut se prévaloir de sa bonté, il est pleinement Seigneur dans sa façon d’agir, et son action est gouvernée par sa libre grâce. On note que la parabole fait suite à la discussion que Jésus a eue avec ses disciples au sujet des récompenses promises dans son Royaume et, en particulier, de la dignité qui sera octroyée aux apôtres. Mais, affirmerait Jésus, les derniers des disciples de Jésus ne seront pas moins bien traités que les premiers ! La générosité de Dieu est bien plus généreuse que la nôtre. Car tous, comme les apôtres, par amour pour Jésus, ont renoncé à ce qu’il leur fallait renoncer en vue de l’héritage du Royaume.

Mais une telle interprétation fait face à trois difficultés. Premièrement, alors que la parabole distingue nettement deux groupes parmi les ouvriers, les premiers et les derniers, on ne voit pas à quels disciples de Jésus ces groupes correspondent selon cette interprétation. Et ceci d’autant plus que Jésus semble regrouper ses disciples en un seul groupe : les « quiconque » de 19.29. Par ailleurs, l’enjeu fondamental de la péricope du jeune homme riche n’est pas la question de la gradation des récompenses dans le Royaume des cieux, mais celle de l’héritage de la vie éternelle. La troisième difficulté tient au fait que, dans la parabole, les premiers s’élèvent contre la bonté de Dieu, à la manière du frère du fils prodigue de la parabole, et ne font donc pas partie des disciples de Jésus.

La troisième interprétation me paraît mieux rendre compte de l’enseignement de Jésus. Le denier représente la vie éternelle. Les premiers ouvriers de la parabole sont ceux qui se situent sur le plan de la stricte rétribution du travail accompli ; leur logique est celle de l’homme riche qui demande : « Que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? » Et comme l’homme riche, ils travaillent dans la vigne de Dieu, mais ne le connaissent pas : la justice de Dieu leur est due, ils méprisent sa bienveillance et ne comprennent pas sa grâce. « Ne m’est-il pas permis de faire de mes biens ce que je veux ?, dit le maître de maison. Ou bien verrais-tu d’un mauvais œil que je sois bon ? » (20.15). Les derniers ouvriers, quant à eux, ouvriers de la dernière heure, bénéficient de cette grâce souveraine de Dieu. Le denier qu’ils reçoivent, comme l’héritage de la vie éternelle, est l’expression même de cette libre bonté du Seigneur. Ils représentent ainsi l’ensemble des disciples de Jésus de la section précédente.

Mais on peut encore préciser, me semble-t-il : comme dans la parabole des vignerons infidèles de Matthieu 21, la vigne représente Israël, comme le suggère la mention, en 19.28, des douze trônes sur lesquels les douze apôtres seront assis pour juger ou gouverner les douze tribus d’Israël. Les premiers ouvriers de notre parabole sont ceux dont l’homme riche est un honnête et dramatique exemple au sein du peuple ; ils idolâtrent les bénédictions divines. Les derniers sont ceux qui, pour suivre Jésus, ont renoncé à mettre leur confiance dans ces bénédictions pour se confier en Dieu seul ; ils représentent le peuple des béatitudes. C’est à cet Israël de la foi, dont les Douze sont les représentants, que Jésus promet la réalisation des promesses de la nouvelle création dans laquelle chacun recevra le denier de la grâce : l’héritage de la vie éternelle dans le Royaume qui vient. Lorsque Jésus applique la formule « les premiers seront les derniers, et les derniers les premiers » à l’entrée des païens dans l’Israël de la foi, en Luc 13.30, il élargit le groupe des derniers ouvriers à ceux qui n’avaient pas même le droit de travailler dans la vigne du Seigneur.

Mais il faut encore ajouter que Jésus déclare, en 19.29, que « quiconque aura quitté maisons, frères, sœurs, père, mère, enfants ou terres à cause de mon nom recevra cent fois plus et héritera la vie éternelle ». Qu’entend-il par cette expression « cent fois plus » ? Désigne-t-il par elle les réalités du Royaume qui vient ? Ou affirme-t-il que ceux qui renoncent à tout par amour pour lui recevront dès maintenant « cent fois plus » dans l’attente de la vie éternelle ? Vous savez tous que c’est cette deuxième interprétation que l’on trouve dans les textes parallèles de Marc 10.29-30 et de Luc 18.29-30. Je cite le texte de Marc :

Jésus répondit : Amen, je vous le dis, il n'est personne qui ait quitté, à cause de moi et de la bonne nouvelle, maison, frères, sœurs, mère, père, enfants ou terres, et qui ne reçoive au centuple, dans le temps présent, maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres – avec des persécutions – et, dans le monde qui vient, la vie éternelle (Mc 10.29-30).

Ainsi, dès aujourd’hui, le peuple des béatitudes est consolé – même s’il lui faut subir la persécution. Dans la communauté chrétienne, les renoncements consentis par les membres du royaume futur pour l’amour de Jésus et pour vivre les exigences de l’éthique de la perfection seront largement compensés. Ils auront déjà les arrhes de l’Esprit, mais aussi, dans l’Eglise, les arrhes du Royaume qui vient.

Devenir comme des enfants et vivre par la foi, dans la dépendance du Seigneur ; tout recevoir de sa grâce, car rien ne nous est du : voici le programme de la vie chrétienne. Que Dieu nous aide à vraiment l’aimer !